Vacances en Corse : mon itinéraire idéal en 7 étapes et mes bonnes adresses

Ti tengu cara, Corsica

C’est un petit bout de terre qui a pris le large depuis bien longtemps. Fier et fort. Indomptable et capricieux. J’ai l’impression d’aller en vacances en Corse depuis toujours. Et c’est vrai que j’ai arrêté de compter les années. J’ai l’immense chance d’avoir découvert l’île de Beauté avec mes parents et ma sœur et d’y être retournée (très) souvent. Au-delà des souvenirs en famille, j’ai aussi en mémoire les vacances partagées avec mes copines d’enfance.

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Une petite plage, au bout d’une piste cahoteuse, près de Figari. ©M.G.

J’ai beau sillonner la planète pour mon travail et mon plaisir, et revendiquer de découvrir un peu plus à chaque fois notre belle planète, c’est toujours à la Corse que je reviens. Parce qu’elle occupe une place à part sur la carte du monde — et dans la carte de mon cœur. D’ailleurs, le seul collier que je porte quasiment toute l’année est un simple pendentif… en forme de Corse. Y goûter, c’est y succomber pour le restant de tes jours (oui, carrément). Allez viens, je te fais découvrir un peu de cette île de Beauté…

Avant de partir...
  • La Corse, est-ce fait pour moi ? Oui, si tu aimes la nature sauvage, la diversité des paysages, les magnifiques plages, les villages de caractère, la montagne des cascades, des randonnées au lever du soleil et si, après autant de découvertes, tu as de la place pour déguster de copieux et conviviaux repas !
  • Je pars combien de temps ? 2 semaines pour une immersion complète entre mer et montagne, en choisissant l’option « tour de Corse » avec les plus beaux spots autour de l’île. Autrement, consacre une semaine à la Haute-Corse (Cap Corse, Bastia, Calvi, Corte…) ou à la Corse-du-Sud (Ajaccio, Bonifacio, Porto-Vecchio, Zonza…). Et surtout, prendre ton temps !
  • Je pars à quelle saison ? De préférence à la mi-saison et hors vacances scolaires, car les plages corses sont prises d’assaut par les touristes durant l’été (et les prix explosent). L’idéal : commencer par un week-end prolongé au mois de mai (en mode « city break » à Calvi ou Bonifacio) ou s’envoler pour la Corse fin juin, en version longue. Le pied ! En 2018, nous avons eu la chance de prendre nos vacances à cheval entre juin et juillet et c’était juste parfait, tant en termes de météo que de fréquentation.
  • Je mets quoi dans ma valise ? La saison estivale démarre tôt en Corse ! Et les températures peuvent vite être caniculaires. Apporter des maillots de bain et des sandales est donc incontournable ! N’oublie pas tes lunettes de soleil, la crème solaire (de la 50, pas de l’huile à indice 5 ! Tu reviendras quand même avec un bronzage au top — parole d’une fille-tournesol qui aime beaucoup bronzer), ton chapeau, tes shorts et des tee-shirts. Les filles, glissez aussi une ou deux jolies robes ! Amateur de rando ? N’oublie pas tes chaussures car en Corse, il y a du costaud (le GR20, entre autres…) ! Le temps peut parfois être capricieux donc un K-way, un pull, un pantalon en lin et un foulard te sauveront les jours d’orage où la température chute brusquement. Besoin d’aide pour faire ta valise ? J’y consacre un article dédié ici.
  • Je dois me faire vacciner ? N’en déplaisent aux Corses, que je salue en toute amitié, la Corse reste un territoire français et le programme de vaccination est donc le même que sur le continent. Une simple visite de routine chez le médecin pour vérifier que ton carnet de vaccination est à jour et te voilà parti(e) pour l’île de Beauté ! Pour plus d’infos, rendez-vous sur le site du Ministère de la Santé ou celui de la Sécurité sociale.
Les étapes du voyage

1# La Balagne

Partir en vacances en Corse est déjà un voyage en soi. Selon les années, nous embarquions avec mes parents et ma soeur à bord d’un vol Air France vers l’aéroport Sainte-Catherine, à Calvi (dont l’atterrissage, si proche des montagnes, avec la mer en toile de fond, est juste mythique !) ou bien nous roulions jusqu’à Nice pour voir des amis avant de monter dans un bateau le lendemain matin. Et pour moi, parler de la Corse m’évoque ce bateau qui relie Nice à Île Rousse, à quelques kilomètres au nord de Calvi. C’est une traversée en mer parfois capricieuse, souvent merveilleuse avec des dauphins accompagnant joyeusement le navire.

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La tour génoise de la Pietra, à l’Île-Rousse. ©Pierre Bona/Wikipedia

Mais le tout premier souvenir réellement marquant de la Corse, que j’ai encore très nettement aujourd’hui, c’est le soleil couchant qui semble enflammer les pierres rouges d’Île Rousse à l’arrivée. Et surtout ce mélange d’odeurs qui fleure bon les vacances, cette senteur d’eucalyptus, de sable, d’iode, de maquis et de douce soirée d’été qui m’assaille à la sortie du bateau… Bienvenue en Balagne !

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La baie de Calvi, depuis la plage. ©M.G.

Il y a tellement à faire dans cette région de la Corse. Le joyau qu’est la baie de Calvi est un incontournable. L’arrivée par bateau est d’ailleurs tout aussi incroyable avec un panorama à couper le souffle sur le piton rocheux d’où se dresse fièrement la citadelle génoise. La ville de Calvi regorge de merveilles alors n’hésite pas à te perdre dans ses ruelles ombragées, découvre ses églises, son port animé…

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Au détour d’une ruelle, dans l’enceinte de la citadelle calvaise… ©M.G.

Prends ensuite la route et arrête-toi à Calenzana, un charmant village dans les terres avec une vue sublime sur la baie. Deux options s’offrent à toi : si tu es sportif, c’est ici que démarre l’une des étapes du GR20. Si tu es gourmand, pousse jusqu’à la biscuiterie traditionnelle de M. Perrin et régale-toi de canistrelli (biscuits traditionnels à l’anis) ou (mes préférés !) de délicieux fritelle (des beignets au sucre parfumés à l’orange).

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La jolie église de Calenzana, tournée vers la mer. ©M.G.
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Une maison et son palmier dans le centre de Calenzana. ©M.G.

Pour un premier aperçu de la Balagne, impossible de ne pas s’arrêter à Occi, un village abandonné dont les vestiges sont préservés, sur les hauteurs de Lumio (entre Calvi et Île Rousse). Enfin, accroche-toi et prends un Vogalène (si comme moi, tu as le mal des transports !), et monte en voiture jusqu’à Sant’Antonino, l’un des plus beaux villages de France au passé médiéval préservé. Perché à près de 500 mètres au-dessus de la mer, il offre un panorama à couper le souffle sur tous les environs et me ravit à chaque fois de son dédale de ruelles pavées, les fleurs s’épanouissant dans les jardinières et sa petite église… Un vrai coup de coeur !

Envie de piquer une tête ? Je te conseille une baignade (revigorante !) dans la rivière de la vallée du Fango, près de la ville de Galéria, au sud de Calvi.

Mes bonnes adresses

C’est ta première fois en Balagne ? Deux options s’offrent à toi : dormir à l’hôtel Chez Charles à Lumio (situé à 12 km de Calvi) pour te régaler de la vue sur toute la baie de Calvi et apprécier le calme de ce village de caractère d’où Laetitia Casta est d’ailleurs originaire.

Ou bien t’offrir une vue imprenable sur la citadelle calvaise, à l’hôtel Saint-Christophe. Ce n’est pas le meilleur établissement que j’ai testé mais le service est correct, la piscine est très agréable et surtout, la vue est à tomber.

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L’hôtel Saint-Christophe, au bord de l’eau et face à la citadelle (dans mon dos). ©M.G.

Besoin d’une troisième adresse ? Allez, je te donne le petit secret bien gardé des Gayet : nous avons passé nos meilleurs étés dans la maison de la famille Massimi, à Lumio. C’est d’ailleurs le père du propriétaire qui m’a appris mes premiers mots en Corse. Je les salue au passage bien chaleureusement !

2# La vallée de la Restonica

Ce n’est pas pour rien que l’un des tracés les plus populaires du GR20 s’appelle “Trà mare é monti”. En Corse, la mer et la montagne ne sont jamais très loin l’une de l’autre. Aller sur l’île de Beauté sans arpenter ne serait-ce qu’un petit sentier de randonnée serait vraiment très dommage — tu passerais à côté de la moitié de ses trésors naturels. La vallée de la Restonica, où l’on trouve de magnifiques gorges, est un excellent point de départ. Depuis Corte, il faut emprunter la D623 pour remonter la vallée de la Restonica sur 15 km avant de tomber sur le parking des bergeries de Grotelle. En plein été, l’endroit est vite pris d’assaut (et il fait très chaud dès le milieu de matinée), aussi je te conseille mille fois d’arriver très tôt (entre 6 et 7h du matin).

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Le chemin de randonnée commence ici et permet d’atteindre un premier lac, le lac de Melu, situé à 1 711 mètres d’altitude. L’eau est fraîche mais ça fait du bien aux pieds après près d’une heure et demie de montée ! Encore un peu d’énergie ? Le plus beau reste à venir. Emprunte le sentier qui monte jusqu’au lac de Capitellu à 1 930 mètres. Le parcours est plus court mais bien plus raide (et il faut parfois escalader la roche en se tenant à des chaînes en métal fixées dans la roche) alors, prends ton temps. Mais ça vaut (vraiment) le coup, la vue est à couper le souffle et le lac, majestueux, se dévoile. Sa profondeur atteint jusqu’à 42 mètres et le lac de Capitellu demeure gelé huit mois de l’année ! Idéalement, emporte de quoi pique-niquer et profites-en pour admirer d’un côté le lac de Melu, en contrebas et les quelques courageux qui n’hésitent pas à plonger dans l’eau froide du lac de Capitellu.

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Le lac de Melo, vu depuis le lac de Capitello. ©M.G.
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Le lac de Capitello, gelé 8 mois par an ! ©M.G.

Je ne l’ai jamais fait mais les plus sportifs peuvent pousser jusqu’à la brèche de Capitellu, qui se situe au tout début du GR20. Quel que soit ton niveau, n’oublie pas de venir avec de bonnes chaussures de randonnée, de l’eau (tu pourras remplir tes bouteilles au lac de Melu, directement à la source), un pique-nique ou un en-cas et surtout de la crème solaire et un chapeau !

En redescendant (et je me demande bien pourquoi je ne l’ai pas encore fait !), arrête-toi à Corte. Cette ville mérite le détour avec sa petite citadelle accrochée à un piton rocheux et ses maisons colorées. Stratégique, elle avait été choisie comme capitale de l’île par Pascal Paoli, le leader de l’indépendantisme corse au 18e siècle, et abrite aujourd’hui le musée de la Corse. Corte accueille aussi l’université de Corse et ses 4 000 étudiants annuels.

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La citadelle de Corte, sur son promontoire rocheux. ©Wikipedia

3# Le Cap Corse

Il brave fièrement les vents, été comme hiver. Le cap Corse, ce doigt qui semble tendu vers le continent européen, recèle bien des merveilles. On démarre à la “base” du doigt, sur la côte ouest de l’île, par une balade à Saint-Florent. Le village au riche passé antique et médiéval s’est beaucoup développé grâce à la pêche et au tourisme. Grimpe à bord de l’un des bateaux faisant route vers le désert de l’Agriate pour y passer la journée. Tu découvriras les sublimes plages du Lotu et de Saleccia (ma préférée). Je dois tout de même t’avertir qu’il y a deux ans, en plein mois d’août, mon chéri a réussi à compter plus de 100 petits bateaux ayant jeté l’ancre devant la plage… Et j’avoue que cela m’a choquée car quelques années en arrière, Saleccia était beaucoup plus préservée et moins fréquentée, même en plein été…

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Le port de Saint-Florent, avant de prendre le bateau pour le désert de l’Agraire. ©M.G.

Après cette journée ensoleillée et remplie d’air iodé, direction Nonza, plus au nord. Ce village semble s’enrouler autour du piton rocheux sur lequel il a été bâti et surplombe la mer et son immense plage de sable et de galets noirs. C’est un arrêt incontournable sur ta route autour du Capo Corso… Preuve de son charme intemporel, Nonza a été élu “village préféré des Français” en 2016 !

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Le village de Nonza, côté montagne. © Pierre Bona/Wikipedia

Poursuis ton périple jusqu’au village de Centuri avant de t’arrêter à l’extrême nord de la Corse, au bout du Cap. Les vents balaient (très) souvent la péninsule et la mer peut rapidement s’agiter (attention aux méduses dans les rouleaux) mais l’impression d’être au bout du monde domine ! Redescends ensuite vers Bastia en prenant le temps de se promener dans les rues de Macinaggio et de Pietracorbara avant d’aller lézarder sur les rochers et les plages sauvages d’Erbalunga.

Mes bonnes adresses

Envie de dormir dans le Cap Corse avant de faire route vers de nouvelles aventures sur l’île de Beauté ? Je te conseille l’hôtel U Sant’Agnellu, sur les hauteurs de Rogliano. Le point de vue sur la marina de Macinaggio, en contrebas, y est grandiose et cet établissement familial et fleuri a gardé son âme d’antan.

4# Bastia

Arriver à Bastia par la mer est toujours un bonheur. D’abord car l’on y longe le sublime littoral du Cap Corse, et parce que l’approche par navire vaut vraiment le coup (comme tout en Corse, me diras-tu !). En descendant du bateau, tu tomberas sur la place Saint-Nicolas où l’on vient flâner aux premières heures du jour avant de s’attabler à l’une des terrasses pour siroter un verre de jus d’oranges fraîchement pressées. Mets ensuite les voiles vers la vieille ville (qui est franchement délabrée par endroits malheureusement). Là, tu trouveras le vieux port, toujours aussi mignon.

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Vue sur la plus ancienne partie de Bastia depuis le vieux port. ©M.G.

Ici, dès les premiers rayons de soleil d’avril, les plus courageux font des saltos et goûtent au plaisir de la baignade dans une Méditerranée encore fraîche ! Tu pourras accéder à l’église Saint-Jean-Baptiste (impossible de la louper !) avant de grimper vers la Citadelle et le Palais des Gouverneurs.

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Le Palais des Gouverneurs dans la citadelle bastiaise. ©M.G.

Besoin d’un peu de fraîcheur un jour de canicule ? Le jardin Romieu est tout indiqué pour une pause ombragée ! Surtout, ce que j’apprécie énormément à Bastia, ce sont ses façades colorées qui semblent refléter toutes les teintes du soleil, du jaune éblouissant à l’ocre en passant par un camaïeu d’orangés. Un délice pour les yeux. Si tu as le temps, déambule dans les rues commerçantes, en passant par la rue Napoléon, et fais un tour sur la place du marché. De Bastia, plusieurs options s’offrent à toi : faire route vers le Cap Corse, tout à côté, ou bien traverser la Corse en marquant un arrêt à Saint-Florent, ou alors mettre le cap vers le sud de l’île par la route du littoral, en direction de Moriani, Porto-Vecchio et Bonifacio. À mon sens, les plages entre Bastia et Porto-Vecchio sont toutefois moins belles qu’ailleurs en Corse.

5# Bonifacio

Nous sommes ici à l’extrême sud de la Corse. Par temps clair, les habitants de Bonifacio et les touristes peuvent admirer les îles sardes de Maddalena (Italie), distantes de seulement 14 kilomètres ! Bonifacio est l’un des joyaux de la Corse et je suis très heureuse d’y avoir enfin mis les pieds en 2018. La route qui mène à la ville débouche sur un port de plaisance plusieurs fois réaménagés où d’impressionnants yachts stationnent quelques jours ou quelques heures.

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Bonifacio, son port (au premier plan) et sa citadelle (en arrière-plan). ©M.G.

Avant de s’aventurer dans le vieux Bonifacio, embarquement immédiat à bord de l’un des (trop nombreux) bateaux touristiques qui s’aventurent sous les falaises pour une heure. Le navire remonte d’abord la longue gorge qui constitue aujourd’hui le port, entre deux falaises d’une blancheur légèrement jaunie, du fait de sa constitution en calcaire. Puis nous voici dans les bouches de Bonifacio, cette immense zone de la Méditerranée entre la Corse et la Sardaigne. Et bientôt, le bateau s’engouffre dans plusieurs grottes, dévoilant des eaux turquoise si limpides qu’on y voit les poissons et le fond ! Et surtout, la nature a façonné la roche parfois de façon étonnante… Je n’en dirai pas plus !

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Les falaises de calcaire depuis la vieille ville de Bonifacio. ©M.G.

 

Retour au port, au pied de cette immense falaise où a été bâtie sa superbe citadelle médiévale. C’est elle qui m’a le plus séduite. En délaissant temporairement la mer, nous prenons vite de la hauteur et explorons la vieille ville. Les ruelles aux maisons colorées sont charmantes mais l’apothéose est définitivement le panorama sur la mer. Si tu fais partie des plus courageux (mais si, je suis sûre que c’est le cas), ne manque pas l’escalier du Roi d’Aragon. Ses 187 marches ont été creusées en une nuit, dit la légende, telle une balafre dans la falaise. À l’ombre de la roche, cette promenade offre surtout un point de vue au plus proche de la mer.

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Vue sur le voilier le Club Med 2, depuis l’escalier du Roi d’Aragon. ©M.G.

Prends le temps de t’attabler à l’excellent restaurant La Bodega dont le menu est concocté à partir de produits locaux. C’est une toute petite adresse très conviviale, les plats sont (vraiment) copieux et délicieux et le propriétaire est toujours prêt à partager quelques anecdotes sur son île… ou à te faire goûter les alcools traditionnels à base de myrte et de châtaigne ! Si tu cherches une adresse plus haut de gamme, je te recommande l’Aria Nova sur l’une des principales rues de la vieille ville.

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Une rue de la citadelle de Bonifacio, à la tombée du jour. ©M.G.

Porto-Vecchio, j’y vais ou pas ?

Bonifacio n’est pas bien loin de Porto-Vecchio (environ 30 minutes en voiture), il est donc tentant d’y faire un arrêt dans la foulée. La vieille ville de Porto-Vecchio, qui surplombe la marina, est en effet charmante. Mais pour le reste, je n’ai pas été franchement séduite par cette ville contrairement à ce qu’on a pu m’en dire. Les plages de Rondinara, Santa-Giulia et Palombaggia font néanmoins honneur à leur réputation et te raviront par leurs eaux cristallines et leur sable blanc très fin. Mais encore une fois, mieux vaut y venir à la mi-saison… Pour dormir, je te recommande les charmants studios de Songes d’Été, à quelques kilomètres de Bonifacio. Là, tu trouveras un havre de paix, de petits studios indépendants logés dans un immense jardin avec une piscine en son centre… Idyllique !

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Havre de paix entre Bonifacio et Porto-Vecchio… ©M.G.

6# Ajaccio

Je vais être honnête : j’avais des préjugés sur cette ville de Corse. Les premiers souvenirs que j’ai de la Corse naissent à Ajaccio il y a longtemps, plus précisément du côté du port, qui m’est apparu à l’époque trop grand et pollué. Cette partie de la ville (la seule dont je me rappelais) n’est d’ailleurs pas la plus jolie et c’est, je pense, ce qui a ancré ces a priori négatifs. En plus, j’ai été biberonnée aux vacances passées dans la Balagne, ma région de coeur en Corse.

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Coucher de soleil sur la baie d’Ajaccio, depuis notre Airbnb (en 2018). ©M.G.

Quand, en 2018, je remets pour la première fois les pieds à Ajaccio depuis des années, je me prends une claque monumentale. Ajaccio s’apprivoise, s’arpente de ruelle en ruelle, car elle découvre ses charmes à ceux qui savent s’y perdre, le nez levé en quête des architectures les plus anciennes et des indices rappelant qu’ici, il s’agit de la ville de Napoléon Bonaparte. J’ai appris à aimer son centre historique, ses maisons jaunes, lumineuses et chaleureuses, et son musée des Beaux-Arts (le musée Fesch) dont une section met en avant des artistes qui ont sublimé la Corse à travers leurs oeuvres.

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Une demeure historique d’Ajaccio. ©M.G.

 

Pour boire un verre, je recommande de passer par la rue du Roi de Rome, et pour manger de bonnes pizzas, rendez-vous chez Papacionu, rue Saint-Charles, qui flanque la belle cathédrale de la ville. Et il ne faut pas hésiter à prendre de la hauteur pour poser un nouveau regard sur la ville et à s’éloigner du centre-ville pour découvrir de jolies bâtisses historiques, des fleurs colorées, et à sortir aussi de la ville pour dénicher des criques sauvages où l’on prend son temps pour se baigner.

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L’une des rues de la vieille ville ajaccienne. ©M.G.

Passage incontournable aussi, la balade menant à la tour de la Parata, découvrant un panorama unique sur les îles Sanguinaires. De là, part d’ailleurs une superbe randonnée (peu difficile) le long du littoral jusqu’au Capo di Feno, plus au nord. Là, tu y trouveras une plage de sable blanc et une paillotte… Idéal pour siroter une Pietra et lézarder au soleil. Bref, tu l’auras compris, il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis, et définitivement, il faut mettre les pieds à Ajaccio — au moins pour se faire son propre avis !

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Les Îles Sanguinaires depuis la pointe de la Parata. ©M.G.
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Santé ! La paillote Chez Dumè, sur la plage de Capo di Feno, et une Pietra, une bière locale. ©M.G.

Côté montagne : rando dans les gorges de la Ricchiusa

Marre de lézarder au soleil sur l’une des plages d’Ajaccio (c’est possible, ça ?) ? Prends une journée pour une virée dans le village de Bocognano et notamment pour deux points d’intérêt principaux. Premier arrêt à la cascade du Voile de la Mariée. Au petit matin, alors que le soleil pointe lentement le bout de son nez, grimpe sur le petit chemin caillouteux (une dizaine de minutes de marche environ) pour atteindre un point de vue absolument incroyable sur cette immense cascade. J’ai été charmée par sa ressemblance troublante avec le voile d’une mariée ondulant aux vents, et hypnotisée par le fracas et le mouvement perpétuels de l’eau contre la roche. Une pause réellement hors du temps…

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La superbe cascade du Voile de la Mariée, tôt le matin. ©M.G.

Si tu es amateur de randonnée, rejoins ensuite le point de départ de la boucle de la Ricchiusa. Cette randonnée d’environ 3h aller retour (prévois plutôt 4h30 pour prendre ton temps et pique-niquer à mi-parcours) t’offrira une superbe vue sur la vallée alentour avant de piquer vers la rivière, la Ricchiusa, à mi-parcours. Là, l’eau est fraîche et cristalline, et j’ai bien apprécié de pouvoir m’y tremper ! Attention à la partie plus rocailleuse de la boucle, il faut parfois escalader un peu donc prévois les bonnes chaussures.

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Randonnée dans les gorges de la Ricchiusa. ©M.G.

Côté mer : hôtel avec vue sur le golfe d’Ajaccio

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Vue de notre chambre à l’hôtel Le Maquis, à Porticcio. ©M.G.

En 2018, le 25e anniversaire de mon chéri tombait le premier jour de nos vacances en Corse. J’ai décidé de réserver une chambre (avec vue mer) à l’hôtel Le Maquis, à Porticcio, ainsi qu’une table pour dîner à son restaurant L’Arbousier. L’établissement, établi dans une charmante demeure corse des années 50, révèle une terrasse à la vue absolument sublime sur le golfe d’Ajaccio et, au loin, les Îles Sanguinaires. Le Maquis compte aussi deux piscines et une plage privée.

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Petit-déjeuner en chambre et vue sur la mer, meilleur combo possible ! ©M.G.

Un régal pour les yeux… et le palais ! Dans l’assiette, nous nous sommes régalées d’une cuisine méditerranéenne élégante (même si la présentation de certains plats aurait pu être davantage travaillée) avec une large palette de saveurs de la mer et une belle part laissée aux fromages corses, dont le brocciu. Le meilleur moment passé à l’hôtel ? Le petit-déjeuner servi en chambre (avec le Corse-Matin !), d’où nous avions une sublime vue sur la plage et la mer… Adresse chaudement recommandée !

7# Les calanques de Piana

La route serpente le long de la mer et grimpe à flanc des falaises dont la roche rougeoie dans le soleil couchant. À chaque virage (ou presque) survient l’envie irrésistible de s’arrêter sur le bas côté pour prendre une énième photo de ces paysages uniques et préservés. Les calanques de Piana, escarpées, indomptables, abruptes se dressent hors des eaux claires de la Méditerranée et offrent un panorama brut et saisissant. Choisis Piana ou Cargèse comme points de chute : dans l’un, tu trouveras de charmants hôtels et un cœur historique sympathique ; dans l’autre, tu te domineras la mer et pourras descendre facilement jusqu’à la plage.

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Vue sur Cargèse au coucher du soleil, un soir très particulier… ©M.G.

 

Nous avons dormi dans les deux villages et ce sont deux ambiances différentes : à Piana, j’ai davantage aimé l’esprit familial et authentique du village ; à Cargèse j’ai adoré les maisons colorées (dont celle, jaune pétant, de la mairie !) et la grande plage en contrebas. Mais c’est encore par la mer que les calanques de Piana s’apprécient le plus, à compléter par une visite (arrosée !) de la réserve naturelle de Scandola, l’un des joyaux de la Corse. L’eau y est turquoise, la roche rouge et l’on est émerveillé à chaque instant. Oublie les « gros » bateaux pouvant accueillir des dizaines et des dizaines de touristes mais qui ne peuvent pas pénétrer dans les endroits cachés de ce sanctuaire…

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En bateau, dans la réserve protégée de Scandola. ©M.G.

Si tu le peux, privilégie les bateaux rapides d’une douzaine de places pour une expérience absolument incroyable ! L’un des moments forts ? L’arrêt incontournable dans le petit hameau de Girolata, lové dans le golfe du même nom. L’approche par la mer, la vue sur le fortin encore debout à la pointe de la presqu’île et sa petite plage. Un petit creux ? Attable-toi sur l’une des chaises hautes de La Cabane du Berger. Cette balade en mer est l’un de mes plus beaux souvenirs de Corse… D’autant que nous y avons vécu une tempête alors que nous longions les côtes pour rentrer à Ajaccio. Mémorable, je te dis !

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Le fortin génois édifié sur les hauteurs de Girolata. En plein hiver, seule une poignée d’irréductibles habitants demeurent ici ! ©M.G.

Canyoning, aqua-rando… : la Corse, le paradis des sportifs !

À différents endroits dans les montagnes corses, tu trouveras une offre variée de via ferrata, canyoning et autres activités d’aqua-rando. Si tu es amateur de sensations fortes, que tu souhaites découvrir les paysages de l’intérieur de l’île autrement ou que tu as besoin d’un peu de sport, ne rate pas cette option. J’en ai fait à deux reprises, l’une du côté de Ghisonaccia, l’autre à une heure de route de Serra-di-Ferro (entre Ajaccio et Sartène) et c’était à chaque fois un vrai moment d’évasion (et aussi de dépassement de soi, parfois).

Il est temps de conclure...

Une fois n’est pas coutume, je termine cet article par une dédicace.

J’ai écrit cet article pour te partager mon amour pour la Corse mais aussi pour mon papa, cet inconditionnel de la montagne, de la nature et de la photographie.

Tu es celui qui m’a transmis le goût du voyage, ma curiosité insatiable pour les cultures du monde, mon faible assumé pour la Corse et ma tendance à photographier 300 fois le même paysage « pour être sûre d’avoir le meilleur angle de vue ». Pour tout cela, je te dis merci !

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Ajaccio, à la tombée de la nuit. À bientôt, Corsica adorée ! ©M.G.

Et toi, as-tu déjà visité la Corse ? L’as-tu mise sur ta bucket list ?
Dis-moi tout dans les commentaires !

 

7 réflexions sur “Vacances en Corse : mon itinéraire idéal en 7 étapes et mes bonnes adresses

  1. Xavier Bougeard

    Super ton article Manon. J’adore aussi la Corse, Je n’y suis pas allé autant que toi mais à chaque fois c’était magnifique. J’aime bien le mélange de souvenirs personnels et de conseils de voyage que tu mets dans ton article. Merci

    Aimé par 2 personnes

  2. poesiejordan

    Très beau résumé Manon ,j’ai la chance de résider à coté de Bastia ,je suis un passionné de mots et j’écris beaucoup sur la Corse si tu veux visiter mon site (débris de vers,frédéric vous invite à partager ses mots) tu trouveras beaucoup de poèmes de cette île merveilleuse ,encore bravo pour ton récit ,merci.

    J'aime

  3. Ping : Mes 10 plus beaux souvenirs de voyage – Dans les valises de Manon

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